« Chez Jean… », entre vide-greniers et redécouverte du passé
Dans le cadre du festival Coquelicontes et de la saison culturelle 2025-2026 de Creuse Sud-Ouest, Fred Pougeard présentera samedi 30 mai à la Pouge, « Chez Jean… ». L’occasion de redécouvrir l’histoire du festival et du conteur.
Créateur de la compagnie l’Allégresse du pourpre, conteur et écrivain, Fred Pougeard s’est notamment illustré en février 2021 avec la sortie de son recueil de poèmes Via Ferrata : poèmes ou journal épars. Il présentera, samedi 30 mai à La Pouge, « Chez Jean… », conte incarné dans le cadre du festival Coquelicontes et de la saison culturelle de Creuse Sud-Ouest.
Dans cet ouvrage, publié en 2021 et écrit au fil des trajets en train et le long des voies ferrées – très loin des via ferrata qui évoquent rocheuses, montagnes et activités sportives en plein air –, Fred Pougeard raconte l’errance : celle de son père, ancien cheminot emporté par une maladie bien connue mais jamais nommée ; la sienne, aussi, à mesure qu’avance le train et le temps.
Les poèmes de sa Via Ferrata sont écrits entre 2013 et 2019. On y côtoie le deuil, le chagrin, la maladie et l’oubli, mais aussi des éléments du quotidien. Loin du TGV, qu’il qualifie d’« outil utile de notre folie ordinaire » dans un entretien accordé à la librairie Une page à écrire, il recherche « le mouvement et l’immobilité, la vitesse mais la lenteur » dans un lieu où l’on a « d’autre vigilance que d’observer, éventuellement de ne pas égarer son ticket ni manquer sa gare ».

Entre oubli et redécouverte
Il commence à écrire pour mémoire chaque texte daté. Chaque poème finalisé est pour lui une victoire face à la maladie et à l’oubli. Son attention aux détails et aux petites choses se heurte au besoin de repartir. Mouvement qu’il reprend avant de le mettre en pause, le temps d’un nouveau projet.
Ainsi l’errance physique prend-elle fin, laissant la place à une déambulation temporelle lors du spectacle « Chez Jean… » dont il assurera la lecture samedi 30 mai. Il laisse de côté le train pour une maison familiale qui vient d’être vendue et qu’il faut à présent vider de « ses meubles, de ses objets, d’une partie de son histoire ». Si le mouvement n’est plus le même, la question de la mémoire et de l’oubli semble toujours présente.
Tourné comme une enquête, traversé par le mythe d’Orphée – qui, après son passage aux Enfers pour sauver son aimé, devait s’en retourner au royaume des morts sans espoir de retour à la fin de sa vie –, on y retrouve « la lutte entre la mémoire, l’oubli, la vie », la « Grande Guerre en sourdine » : l’histoire, à travers objets et souvenirs, nous transporte au début du siècle dernier.
Un festival de terrain
Il est aussi question de l’oubli d’un territoire et de ses habitants. Dans une région rurale comme la Creuse, où les déplacements prennent vite de l’ampleur, il est question, pour Coquelicontes, d’amener la culture au-devant des gens. Le récit aussi, « est tout terrain », comme le dit Catherine Rocherolles, responsable administrative et financière et assistante culturelle.
L’idée est d’amener la culture proche des habitants, puis de les rediriger vers la littérature dans une région où la culture du conte et des « veillées » est importante. Le festival fait ainsi renaître cette tradition de l’art de l’oralité sur notre territoire. Une renaissance qui se retrouve aussi dans le choix des textes : le festival mélange contes locaux et étrangers, anciens et modernes.
« Chez Jean… » est à voir à La Pouge ce samedi 30 mai, à partir de 20 h 30.
