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Commémoration des 150 ans du décès de George Sand

Commémoration des 150 ans du décès de George Sand

Romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire, journaliste et peintre, George Sand s’est éteinte le 8 juin 1876 au château de Nohant-Vic. À l’occasion des 150 ans de sa mort, la Creuse rend hommage à cette figure majeure du XIXe siècle, dont l’œuvre reste indissociable des paysages et des légendes de cette terre.

« Dans les montagnes de la Creuse, en tirant vers le Bourbonnais et le pays de Combraille, au milieu du site le plus pauvre, le plus triste, le plus désert qui soit en France, le plus inconnu aux industriels et aux artistes, vous voudrez bien remarquer, si vous y passez jamais, une colline haute et nue, couronnée de quelques roches qui ne frapperaient guère votre attention, sans l’avertissement que je vais vous donner. » 

Ces mots ouvrent Jeanne, roman publié en 1844, et résument à eux seuls le rapport complexe de George Sand à la Creuse. Sous ce pseudonyme se cache Aurore Dupin, baronne Dudevant, une femme qui a marqué la littérature par son style et son engagement.

Franz Liszt Fantasizing at the Piano.
Personnages assis, de gauche à droite Alexandre Dumas, George Sand, Franz Liszt, la comtesse Marie d’Agoult. Personnages debout : Victor Hugo, Niccolò Paganini, Gioachino Rossini.

La Creuse, terre d’inspiration

Les Pierres Jaumâtres de Toulx-Sainte-Croix devenu Toull lui servent d’inspiration, au même titre que leurs légendes : Jean-François Baraillon en fit l’œuvre de druides gaulois dédiée à la célébration des cultes quand, pour d’autres, il s’agit de pavois (bouclier) des chefs de guerres gaulois, fendu lors de la victoire de Jules César à Alésia et voué à se ressouder le jour où une chef celte régnera à nouveau.   

En dehors de cette œuvre de 1844, nombre de ses romans et nouvelles prennent place ou s’inspire de la Creuse et de ses paysages : Simon, en 1836, semble se dérouler près de Bonnat, lorsqu’elle parle d’une « beau vallon de la Marche, au-dessus d’un village nommé Fougères » et de son château, bien qu’il soit souvent considéré que le récit prenne place dans le Berry.

Deux ans après la publication de Jeanne, George Sand écrit Le Péché de Monsieur Antoine qui se déroule en partie à Crozant. Elle y décrit les ruines du château, « partout hérissés de longues roches grises qui se dressent du fond de l’abîme comme des géants ou pendent comme des stalactites sur le torrent qu’elles surplombent », des « tours, dont un seul pan est resté debout, et plantées sur des cimes coniques, présentent l’aspect de rochers aigus ». Ces paysages ont d’ailleurs inspiré la photographe Laurie Dehorter, lauréate du concours Ma région en Image, en 2022, 2024 et 2025 dans la catégorie Creuse.

George Sand retourne à Crozant avec Laura en 1864. Délaissant le château, elle se concentre sur la rivière Creuse, qu’elle décrivait avec poésie — bien que cette citation ne soit pas directement attestée dans ses romans —, comme la « la plus belle rivière du monde », « au mois d’avril en cet endroit-là », précisant qu’elle « dessine de grandes courbes immobiles et transparentes dans de hautes coupures taillées en amphithéâtre et tapissée de l’éternelle verdure des buis. De loin en loin, elle rencontre des blocs et des gradins de rochers noirs et tranchants où elle mugit et se précipite ».

D’autres œuvres comme Le Meunier d’Angibault (1845) ou François le Champi (1848) s’inspirent également des paysages de la Creuse Sud-Ouest. Enfin, Nanon publié en 1872, fait une incursion rapide du côté de Moutier-d’Ahun, qui semble se retrouver dans le « moutier de Valcreux ».

Portrait de George Sand par Auguste Charpentier (1838
Portrait de George Sand par Auguste Charpentier (1838)

Un amour pour les paysages et les légendes

George Sand a su capturer l’âme de la Creuse, entre réalisme et poésie. Son attachement à cette région se retrouve aussi dans « Promenades autour d’un village » (1859), où elle décrit sa maison de Gargilesse comme « un nid bâti au fond d’un entonnoir de collines rocheuses où se sont glissées des zones de terre végétale ». « Il faut arriver là au soleil couchant : chaque chose a son heure pour être belle », écrivait-elle.

Son amour pour la Creuse a aussi inspiré les peintres de l’école de Crozant. Jules Dupré et Georges de Lafage-Laujol y ont travaillé dès les années 1850. Armand Guillaumin, après avoir gagné le gros lot à la loterie nationale en 1891, a pu peindre les gorges de la Creuse sans souci matériel. Un buste en bronze lui rend aujourd’hui hommage près de l’église de Crozant. Claude Monet, quant à lui, a réalisé 23 toiles autour des deux Creuses entre mars et mai 1889.

Un hommage en 2026

Pour célébrer les 150 ans de sa disparition, la Cité Internationale de la Tapisserie d’Aubusson a commandé une œuvre monumentale de 2,15 mètres de haut sur 23 mètres de large à l’artiste Françoise Pétrovitch. Cette tapisserie, soutenue par le ministère de la Culture, le Conseil Départemental de l’Indre et le Conseil Régional Centre-Val de Loire, rend hommage à l’héritage de George Sand.

La maison de l’écrivaine à Gargilesse reste toujours visitable. Les visiteurs peuvent y découvrir l’univers de cette femme qui a su transformer la Creuse en un lieu littéraire et artistique incontournable.

Jardin de George Sand à Nohant par Eugène Delacroix, 1842-1843.
Jardin de George Sand à Nohant par Eugène Delacroix, 1842-1843.